La machine à caca
Par Hallkalah le 01/19/09 - Paru dans Culture | 1 commentaires
Une révolution sculpturale hors du commun et des plus inouïes est née des mains d’un artiste avant-gardiste et audacieux. La « Machine à caca », comme l’affuble si bien son créateur, est une « machine-sculpture » qui imite le système digestif humain et ce, des fonctions initiales jusqu’aux finales, soit, de la mastication jusqu’à l’expulsion des excréments.
Exposée à la Galerie de l’UQAM jusqu’au 14 février, journée solennelle et doucereuse du grand thème de l’amour, « Cloaca No. 5 » (son vrai nom), est religieusement nourrie 2 fois par jour de vrais aliments, à heures fixes, et défèque allègrement ce qu’elle ingère et digère, sous forme de véritables fientes, précisons-le. De par les efforts assidus de Wim Delvoye, qui soit dit en passant, gagne toujours la notoriété du monde artistique contemporain, chaque étape du processus de la digestion humaine a été rigoureusement respectée et reproduite, se référant à l’apport d’enzymes, de bactéries et de tous les autres composants chimiques qui logent notre propre corps et qui favorisent la décomposition de la nourriture. Wim a créé jusqu’à ce jour 8 modèles reproduisant le système digestif humain. Variant selon l’offre et la demande, soutenus d’une caustique ironie du Belge créateur, ces « cacART », comme il se plait à les nommer sont emballés et vendus aux plus offrants et possédants.
À la controverse que suscite déjà son œuvre, l’artiste s’en voit ravi si ce qu’il a mis au monde pousse les gens à réfléchir sur des concepts qui y sont liés tels la vie, la société, la consommation et bien entendu, l’art. La machine à caca, selon ses dires, encourage la cogitation sur les limites de la vie; son point de départ et sa fin. Dans une optique économique mondiale, sa création est le témoin de l’excès à outrance : l’hyperconsommation, l’hyper-capitalisme et l’hyper-matérialisme. Elle épluche notre société post-industrielle à travers cette métaphore de métal et de défécations. Il faut croire que l’art repousse toujours ses limites et c'est tant mieux.






Quelle invention géniale ! J'espère qu'elle fonctionne pour de vrai, que l'on voit vraiment tout le processus (pas juste le résultat). J'étudie en médecine à Québec, et cela me fascine beaucoup! Je vais aller voir cette nouvelle création à l'UQAM ce week-end, espérant que c'est ouvert le week-end (???)